Comment je suis devenue boulimique ?

Comment je suis devenue boulimique?

Des crises à répétition. Un budget de courses explosif. Des heures de gavage. Du temps perdus devant la cuvette des WC. Oui, j’ai été boulimique . Pendant onze ans ! Si tu t’es reconnu à travers ses mots. Sache que je te comprends.

Avant de te dire comment je suis parvenue à guérir de la boulimie. Je tenais à te dire comment je le suis devenue . Pourquoi ? Pour être transparente envers toi. Te dire que tu n’es pas le.la seul.e à en souffrir. Et, te montrer (A travers les articles qui suivront !) comment en guérir après des années de troubles alimentaires.

Voila , voila. La suite est juste en bas ;).

Bonne lecture !

Le poids des mots

J’ai toujours été en surpoids durant mes années collège et lycée. 

Cela m’a valu beaucoup de moqueries de la part de mon entourage.

 Lorsque je suis entrée au collège ma mère a commencé à surveiller mon alimentation. Étant (toujours ^^ ) très gourmande, elle n’hésitait pas à me lancer subtilement une pic pour m’éviter de prendre un dessert ou un goûter voire même de me resservir un plat.

Pour ne pas la contrarier, je m’arrêtais donc de manger. Mais, au fond de moi, j’étais frustrée.  Du coup, après chaque repas, je piquais des cochonneries que je mangeais en cachette dans ma chambre. 

Malheureusement, ma mère a fini par le découvrir, et elle s’est mise à contrôler davantage mon alimentation. D’autant plus que mes grignotages du soir n’était pas sans conséquence sur deux aspects : mon physique et mon moral. J’avais beaucoup grossi suite à ces grignotages intempestifs. Et, je n’avais pas pu échapper aux remarques très agréables (ironie!) sur mon corps.

Il m’a ainsi été difficile de m’accepter telle que j’étais et d’avoir confiance en moi.

C’est dans ce contexte que j’ai décidé de perdre du poids.

Le début des régimes à répétition

J’ai fait mon premier régime à l’âge de douze ans. J’étais en classe de cinquième. Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais énormément restreint mes quantités de nourriture.

Pour tout te dire, au dîner je ne mangeais qu’une tranche de pain avec un morceau de fromage.  

Le résultat a été sans appel. J’ai rapidement perdu du poids. Mon entourage l’avais bien remarqué. J’ en étais assez fière.

Cependant, cette joie a été de courte durée. En effet, à force de me restreindre, j’ai fini par craquer et par ne plus suivre mon régime.

Conséquence : j’avais repris tous mes kilos perdus et plus.

Cela marque le début de mes années yo-yo. 

De l’âge de douze ans jusqu’à mes dix sept ans, je luttais sans cesse contre mon poids. J’enchaînais les régimes.  Mon poids faisait les montagnes russes. Un mois je perdais du poids l’autre j’en prenais.

C’était l’enfer. Je ne supportais plus mon corps. 

C’est durant cette période de ma vie que j’ai eu pour la première fois des idées noires.

Mes années collège et lycée se résument donc en trois mots : souffrance, complexe et régime.

La boulimique ou la peur de reprendre du poids

Un peu avant de passer le baccalauréat, j’avais (encore une fois !) entamé un régime drastique. Mais cette fois-ci, j’étais plus déterminée que jamais à ne plus reprendre de poids. Je voulais à tout prix ne plus revivre ce que j’avais vécu au collège et au lycée. Bref, j’étais décidée. 

Au début de l’été 2008, j’avais atteint mes objectifs en terme de poids. J’étais heureuse.

Tous le monde, à savoir, mes copines, mes voisins, des anciennes copines de l’école primaire, les amis de mes parents avaient remarqué ma perte de poids. J’avais reçu une pluie de compliments. Je n’en revenais pas.

Je crois que c’était la première fois durant ma tendre jeunesse, où je m’étais sentie bien dans mon corps. En prenant du recul, je me rends compte que j’appréciais mon corps à travers le regard des autres.

Face à ce changement de corps, il m’était inconcevable de reprendre du poids et de redevenir la fille « d’avant ». D’autant plus que j’allais entré à l’université. Je ne voulais plus subir les moqueries que j’avais connu auparavant. 

C’est ainsi que l’idée de me faire vomir après les repas commençait à prendre forme dans mon esprit, et que je suis devenue boulimique.

La début des rituels boulimiques

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J’ai commencé par me faire vomir un à deux repas par semaine. Je me disais que je ferai ça de temps en temps juste pour maintenir mon poids.

J’avais, en effet, réussi à maintenir mon poids, même à perdre quelques kilos, ce dont j’étais ravie. 

A ce moment là, j’étais persuadée de pouvoir contrôler mes vomissements.

Je m’étais trompée sur toute la ligne. Mes crises sont devenues quotidiennes. Je ne passais pas une journée sans me faire vomir.

Le rituel boulimique s’est mis en place petit à petit dans mon quotidien, jusqu’à que je ne puisse plus m’en passer. 

Concrètement, une fois rentrée chez moi, je m’installais dans ma chambre, et j’ingurgitais tous les gâteaux et sucreries que j’avais préalablement acheté au supermarché. Au moins un tiers de ma bourse étudiante (puis une bonne partie de mon salaire) était dépensé pour les achats de nourriture. 

Je mangeais jusqu’à que mon estomac ne pouvait plus rien avaler, puis je me réfugiais aux toilettes pour tout vomir.

Les vomissements se succédaient jusqu’à que je ressente l’acide gastrique dans ma gorge pour être certaine de n’avoir plus rien dans le ventre

En me faisant vomir, j’avais l’impression d’avoir trouvé la solution à tous mes problèmes de poids.

Encore une fois, je m’étais trompée sur toute la ligne…

La boulimique ou l’obsédée du contrôle

J’étais devenue obsédée par mon poids. Je me pesais tous les jours. Il fallait que je contrôle mon poids pour être certaine de ne pas avoir pris de kilos.

La boulimique ou l'obsession du contrôle du poids

Mes problèmes de surpoids et de régime à répétition ont été remplacé par un autre : la boulimie .

J’ai continué à être boulimique lorsque j’ai quitté le cocon familial pour poursuivre mes études dans le sud de la France.

Les crises de boulimie ont continué lorsque je suis entrée dans la vie active. Je faisais une crise dès que je rentrais du travail. C’était le rituel.

J’ai été boulimique pendant plus de dix ans. 

Durant toute ses années de boulimie, mon poids s’est stabilisé. Je pesais entre 63 et 65 kilos. Mon poids variait en fonction de mes sorties et de mes voyages. 

Boulimique ? Plus jamais (Je fais tout pour en tout cas ^^)

A l’approche de la trentaine, j’ai commencé à mûrir. J’ai pris conscience que je ne pouvais pas continuer ma vie de cette manière au risque de détruire davantage ma santé. 

Je me devais d’arrêter. Le cheminement a été long et parfois difficile. 

C’est en ce début d’année 2020 que mon combat contre la boulimie a commencé à porter ses fruits (j’ai essuyé bien des échecs auparavant !). C’est ainsi que j’ai eu l’envie de créer ce blog.

Je ne manquerai pas de vous raconter mes échecs et de vous dire comment je suis parvenue à arrêter mes crises de boulimie.

Le combat contre la boulimie est un combat du quotidien, car nous sommes tous les jours confrontés à la nourriture.

Mais, tous les soirs je me dis que chaque journée passée sans crise est une victoire ! 

A bientôt !

 Aïdi

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