Comment je suis devenue boulimique ?

Comment je suis devenue boulimique?

Hello,

Le titre de mon blog est boulimique, tout simplement parce que je l’ai été pendant plus de dix ans. A l’approche de la trentaine, j’ai décidé de me prendre en main en arrêtant la boulimie.

Le chemin a été long et parfois difficile, mais avant de vous raconter les détails de mon parcours de vie en tant que boulimique. Il est important que vous sachiez comment je le suis devenue .

Je vous raconte tout !

Bonne lecture 🙂

Le poids des mots

J’ai toujours été en surpoids durant mes années collège et lycée. 

Cela m’a valu beaucoup de moqueries de la part de mes camarades de classe et de mes proches. 

Ma mère n’était  pas souvent tendre avec moi.

Lorsque je suis entrée au collège ma mère a commencé à surveiller mon alimentation. Elle ne pouvait pas s’empêcher de me faire une remarque lorsque je me servais un plat une deuxième fois ou bien lorsque je prenais un dessert ou un goûter (Eh oui ! J’étais et je suis toujours très gourmande ^^).

Ces remarques étaient par exemple :« une fille ne doit pas manger comme les garçons» . (Je suis l’aînée d’une fratrie de trois frères).  « Ce n’est pas bon pour ton corps de manger trop de sucre» . Bref, que des remarques agréables à attendre au début de l’adolescence ! 

Le début des complexes

Pour ne pas contrarier ma mère lorsqu’elle me faisait ses remarques, je m’arrêtais de manger. Mais au fond de moi, j’étais frustrée.  C’est pourquoi, après chaque repas, j’attendais que ma mère ne soit plus dans la cuisine pour piquer des cochonneries que je mangeais en cachette dans ma chambre. 

Malheureusement, ma mère a fini par le découvrir, et elle s’est mise à contrôler encore plus mon alimentation.

A chaque repas, je ne pouvais échapper à ses réflexions. Elles étaient blessantes surtout lorsqu’elles concernaient mon corps.

Mon père, quant à lui, se faisait discret lorsque ma mère était furieuse contre moi à cause de mes excès de nourriture. Il essayait parfois de la raisonner mais en vain. A la différence de ma mère, il ne m’a jamais dit que j’étais grosse ou bien que je devais perdre du poids. JAMAIS . C’était bien le seul malheureusement.

Dans ce contexte, il a été difficile pour moi de m’accepter telle que j’étais et d’avoir confiance en moi. Heureusement que j’avais des copines bienveillantes. Elles savaient me réconforter lorsque j’arrivais au collège en pleurs à cause des mots de ma mère. 

Elles prenaient toujours ma défense lorsque les garçons se moquaient de moi à cause de mon poids ou bien parce qu’ils me trouvaient moche.

C’est dans ces circonstances que j’ai décidé de perdre du poids.

Le début des régimes à répétition

J’ai fait mon premier régime à l’âge de douze ans. J’étais en classe de cinquième. Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais énormément restreint mes quantités de nourriture.

Pour tout vous dire, au dîner je ne mangeais qu’une tranche de pain avec du fromage.  

Le résultat a été sans appel. J’ai rapidement perdu du poids. Mon entourage l’avais bien remarqué y compris ma mère. J’étais assez fière de moi de cette perte de poids.

Cependant, ça a été de courte durée. En effet, à force de me restreindre, j’ai fini par craquer et par ne plus suivre mon régime.

Conséquence : j’avais repris tous mes kilos perdus voire plus.

Cela marque le début de mes années yo-yo. 

De l’âge de douze ans jusqu’à mes dix sept ans, je luttais sans cesse contre mon poids. J’enchaînais les régimes.  Mon poids faisait les montagnes russes. Un mois je perdais du poids l’autre j’en prenais.

C’était l’enfer. Je ne supportais plus mon corps. 

A cela, s’ajoutait les pics de ma mère sur mon physique qui devenaient de plus en plus cinglantes. 

C’est durant cette période de ma vie que j’ai eu pour la première fois des idées noires.

Mes années collège et lycée se résument donc en trois mots : souffrance, complexe et régime.

La boulimique ou la peur de reprendre du poids

Un peu avant de passer le baccalauréat, j’avais encore une fois entamé un régime drastique. Mais cette fois-ci, j’étais plus déterminée que jamais à ne plus reprendre de poids. Je voulais à tout prix ne plus revivre ce que j’avais vécu au collège et au lycée. Bref, j’étais décidée. 

Au début de l’été 2008, j’avais atteint mes objectifs en terme de poids. J’étais heureuse.

Tous le monde, à savoir, mes copines, mes voisins, des anciennes copines de l’école primaire, les amis de mes parents avait remarqué ma perte de poids. J’avais reçu une pluie de compliments. Je n’en revenais pas.

Je crois que c’était la première fois dans ma tendre jeunesse, où je m’étais sentie bien dans mon corps. En prenant du recul, je me dis qu’en réalité j’étais contente que mon corps ait été accepté par les autres.

Face à ce changement de corps, il m’était inconcevable de reprendre du poids et de redevenir la fille « d’avant ». D’autant plus que j’allais entré à l’université. Je ne voulais pas subir les moqueries que j’avais connu auparavant. 

C’est ainsi que l’idée de me faire vomir après les repas commençait à prendre forme dans mon esprit, et que je suis devenue boulimique.

La début des rituels boulimiques

J’ai commencé par me faire vomir un à deux repas par semaine. Je me disais que je ferai ça de temps en temps juste pour maintenir mon poids.

J’avais, en effet, réussi à maintenir mon poids, même à perdre quelques kilos, ce dont j’étais ravie. 

A ce moment là, j’étais persuadée de pouvoir contrôler mes vomissements.

Je m’étais trompée sur toute la ligne. Mes crises sont devenues quotidiennes. Je ne passais pas une journée sans me faire vomir.

Le rituel boulimique s’est mis en place petit à petit dans mon quotidien, jusqu’à que je ne puisse plus m’en passer. 

Concrètement, une fois rentrée chez moi, je m’installais dans ma chambre, et j’ingurgitais tous les gâteaux et sucreries que j’avais préalablement acheté au supermarché. Au moins un tiers de ma bourse étudiante (puis une bonne partie de mon salaire) était dépensé pour les achats de nourriture. 

Je mangeais jusqu’à que mon estomac ne pouvait plus rien avaler, puis je me réfugiais aux toilettes pour tout vomir.

Les vomissements se succédaient jusqu’à que je ressente l’acide gastrique dans ma gorge pour être certaine de n’avoir plus rien dans le ventre

En me faisant vomir, j’avais l’impression d’avoir trouvé la solution à tous mes problèmes de poids.

Encore une fois, je m’étais trompée sur toute la ligne…

La boulimique ou l’obsédée du contrôle

J’étais devenue obsédée par mon poids. Je me pesais tous les jours. Il fallait que je contrôle mon poids pour être certaine de ne pas avoir pris de kilos.

La boulimique ou l'obsession du contrôle du poids

Mes problèmes de surpoids et de régime à répétition ont été remplacé par un autre : la boulimie .

J’ai continué à être boulimique lorsque j’ai quitté le cocon familial pour poursuivre mes études dans le sud de la France.

Les crises de boulimie ont continué lorsque je suis entrée dans la vie active. Je faisais une crise dès que je rentrais du travail. C’était le rituel.

J’ai été boulimique pendant plus de dix ans. 

Durant toute ses années de boulimie, mon poids s’est stabilisé. Je pesais entre 63 et 65 kilos. Mon poids variait en fonction de mes sorties et de mes voyages. 

Boulimique ? Plus jamais (Je fais tout pour en tout cas ^^)

A l’approche de la trentaine, j’ai commencé à mûrir. J’ai pris conscience que je ne pouvais pas continuer ma vie de cette manière au risque de détruire davantage ma santé. 

Je me devais d’arrêter. Le cheminement a été long et parfois difficile. 

C’est en ce début d’année 2020 que mon combat contre la boulimie a commencé à porter ses fruits (j’ai essuyé bien des échecs auparavant). C’est ainsi que j’ai eu l’envie de créer ce blog.

Je ne manquerai pas de vous raconter mes échecs et de vous dire comment je suis parvenue à arrêter mes crises de boulimie, sans prendre de poids ni me frustrer.

Le combat contre la boulimie est un combat du quotidien, car nous sommes tous les jours confrontés à la nourriture.

Mais, tous les soirs je me dis que chaque journée passée sans crise est une victoire ! 

A bientôt !

 Aïdi

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